La « pelade » du chat désigne une perte de poils en zones, dont les causes n’ont rien à voir entre elles. Un chat qui se lèche jusqu’à se dégarnir oriente vers les puces, une allergie ou le stress ; des plaques rondes qui pèlent font penser à la teigne, contagieuse pour l’humain ; une chute sans démangeaison relève plutôt d’une cause hormonale. Le diagnostic revient au vétérinaire.
Ce qui distingue une mue d’une pelade, les trois cas de figure, la teigne en détail, puis ce que le vétérinaire cherchera.
Mue ou pelade : ce qui doit alerter
Un chat perd des poils tous les jours, et davantage au printemps et à l’automne : ceux qui restent sur le canapé ne disent rien d’inquiétant. Ce qui alerte, c’est une zone où la peau apparaît, sur le ventre, les flancs, les pattes ou la tête.
Le mot « pelade » vient de la médecine humaine, où il désigne une maladie précise. Chez le chat, il sert surtout à décrire ce que le propriétaire voit : une alopécie, c’est-à-dire un manque de poils, dont la cause reste à trouver.
Trois cas de figure
La façon dont la zone apparaît oriente la recherche. Trois situations se distinguent : le chat se lèche ou se gratte, la plaque est ronde et pèle, ou le poil tombe sans aucune démangeaison.
Le chat se lèche jusqu’à se dégarnir
Sur le ventre ou l’intérieur des cuisses, le poil paraît avoir disparu. Souvent, il a été arraché : la langue râpeuse du chat, à force de léchage, casse les poils et dégarnit la peau. Une école nationale vétérinaire le rappelle dans la vidéo ci-dessous, avec les causes à chercher :
L’allergie aux piqûres de puces arrive en tête chez le chat qui sort, devant les autres allergies, alimentaires ou environnementales, et le léchage d’origine comportementale, lié au stress ou à l’ennui.
Un traitement antiparasitaire sur ce chat ne suffit pas : tous les animaux de la maison se traitent, et l’environnement aussi, où vivent les formes intermédiaires des puces. D’autres parasites, comme les poux du chat, donnent aussi des démangeaisons.
Des croûtes, des rougeurs ou un léchage qui ne cesse pas malgré un antiparasitaire à jour se montrent au vétérinaire.
Des plaques rondes qui pèlent
Quel âge a votre chat, et vit-il avec d’autres chats ou des enfants ? Des zones rondes, dégarnies, avec des pellicules ou des poils cassés au ras de la peau, souvent sur la tête ou les oreilles, font penser à la teigne, surtout chez un chat de moins de deux ans.
Une plaque ronde qui pèle se montre au vétérinaire rapidement, avant tout contact prolongé avec des enfants ou d’autres animaux.
Le poil tombe sans démangeaison
Un chat qui ne se gratte pas et perd ses poils de façon symétrique, sur les deux flancs par exemple, oriente vers une autre famille de causes : des troubles hormonaux, qui bloquent la repousse du poil, ou plus rarement des maladies génétiques du follicule.
Une perte de poils étendue, symétrique, avec un chat qui boit plus, maigrit ou change de comportement, justifie un examen et des analyses.
La teigne, le cas qui concerne toute la maison
La teigne est une infection de la peau et des poils par un champignon, le plus souvent Microsporum canis chez le chat. Le groupe européen d’experts des maladies du chat (ABCD) en résume les points clés :
| Point | Ce que ça implique |
|---|---|
| Spores infectantes environ un an, 12 mois ou plus en milieu sec | Couchages, brosses et poussière restent contaminants longtemps |
| Transmission aux autres chats, à d’autres espèces et à l’humain | C’est une zoonose : les enfants de la maison sont exposés |
| Beaucoup de chats porteurs sans lésion | Un chat apparemment sain peut contaminer les autres |
| Souvent spontanément résolutive chez l’adulte en bonne santé | Plus étendue chez le chaton et le chat immunodéprimé |
| Lampe de Wood : environ la moitié des souches fluorescent | Un examen négatif à la lampe n’exclut rien ; la culture fait référence |
Une plaque rouge et ronde qui apparaît sur la peau d’un membre de la famille, surtout un enfant, se montre au médecin en mentionnant le chat. Traiter en même temps le chat et la maison limite les recontaminations, puisque les spores persistent dans l’environnement.
Dans la buanderie comme dans le reste de la maison, les spores s’accrochent aux couvertures, aux brosses et à la poussière. L’aspirateur passé souvent, le lavage des couchages et la désinfection des objets du chat accompagnent le traitement prescrit.
Ce que le vétérinaire cherchera
Quelques observations, notées avant la consultation, aident à trancher entre les cas de figure :
- depuis quand les zones sans poils sont apparues, et où ;
- si le chat se lèche, se gratte ou non ;
- la date et le produit du dernier antiparasitaire, pour lui et les autres animaux ;
- la présence de lésions chez d’autres animaux ou chez des personnes de la maison ;
- un changement récent : alimentation, déménagement, nouvel animal ;
- s’il boit, mange et se comporte comme d’habitude.
Selon les cas, l’examen se complète d’un raclage de peau, d’une culture fongique ou de prises de sang. Un chat abattu peut aussi avoir de la fièvre, que mesurer la température du chat permet de vérifier avant d’appeler.
Les zones sans poils, dans l’ordre
Distinguer d’abord la mue d’une zone où la peau apparaît. Observer ensuite si le chat se lèche, si la plaque est ronde et pèle, ou si le poil tombe sans démangeaison. Traiter contre les puces tous les animaux et la maison. Face à une plaque ronde, penser à la teigne, protéger les enfants et consulter rapidement.
Sources
- ABCD (European Advisory Board on Cat Diseases), « Dermatophytosis (ringworm) in cats », mise à jour du 23 mars 2026
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